Philosophie STP

Introduction à la philosophie STP

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Màj : 30 oct. 2021   –   # pages : 4 [?]
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Synthèse

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Ce logo représente les trois lettres STP

Avant d'entrer dans le vif du sujet, disons tout de suite que la philosophie STP diffère quelque peu de la conception habituelle de la philosophie, vue comme une théorisation métaphysique. Il est ici question de philosophie au sens pratique du bon sens populaire, non qu'elle nous parle de choses dont nous avons tous conscience – ce qui serait évidemment inutile – mais de faits que, pour diverses raisons, nous ne percevons pas, plus ou imparfaitement. La philosophie STP a pour objectif d'aider le lecteur à vivre heureux et mieux.

STP est l'acronyme mnémotechnique des trois concepts constitutifs de cette philosophie : Savoir, Travail, Parcours :

  1. le savoir de base : une solide culture générale scientifique (informatique, mathématique, physique, chimie, biologie, psychologie, sociologie, ...), c'est l'information indispensable à la compréhension des phénomènes qui déterminent tous les aspects de ta vie quotidienne ;
    • correspond au savoir propositionnel (ex. : "je sais que la somme des angles d'un triangle vaut 180°") : ton savoir de base est-il complet et à jour ... ?
  2. le travail libre : la productivité du travail est fonction du plaisir qu'il nous procure et de la motivation que nous avons à réussir notre parcours de vie ;
    • correspond au savoir-faire : (ex. : "je sais programmer") : ton travail est-il suffisamment libre pour mener le parcours de vie que tu souhaites ... ?
  3. le parcours de vie : la vie peut être un projet et une évolution, qu'il importe de réaliser au mieux ;
    • correspond au savoir objectuel (ex. : "je connais Paris") : sais-tu comment gérer au mieux les deux composantes de ton parcours de vie ? :
      • le mode de vie, lié au corps et à l'action, se situe dans le temps présent ;
      • le projet de vie, lié à l'esprit et à l'organisation, il est l'évolution mi-hasardeuse et mi-maîtrisée du mode de vie.

Tout cela peut te paraître complexe. Pourtant tu verras qu'il ne s'agit que de la structuration de principes qui, perçus isolément, sont d'une évidence relevant du simple bon sens. Mais ce bon sens nous ne le voyons pas toujours, et peut-être de moins en moins. Il faut donc prendre son temps, faire de cette lecture une activité quotidienne, parfois relire. C'est que la matière traitée est vaste. En outre elle évolue, s'améliore constamment, car mes publications web (en nombre relativement fixe) sont en édition continue.

Où trouver le temps pour cette lecture quotidienne ? En virant la TV ! Selon les personnes, vous gagnez ainsi entre une et quatre heures par jour en moyenne ! En outre, vous vous délivrez ainsi de l'info-dépendance (cf. /parcours-de-vie#info-dependance).

Savoir et sagesse

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Faites cette expérience : définissez en quelques mots ce qu'est la la chimie, la biologie ou encore l'informatique. Même si vous n'avez aucune formation dans ces domaines vous y arriverez sans trop de peine. Maintenant tentez le même exercice concernant la philosophie ...

Vous constatez que le champs de la philosophie n'est pas facile à circonscrire, comme en témoigne la définitions du Larousse. Ces mots reviennent : sagesse, morale, science, religion, ...

Chacun peut avoir "sa philosophie", de ceci ou cela. C'est une façon de voir les choses, d'expliquer nos comportements et le fonctionnement du monde, souvent par une justification. Ainsi science et philosophie traitent toutes deux du savoir, mais alors que la première s'intéresserait au savoir comment, la seconde poserait la question du savoir pourquoi. Mais c'est là juste une façon de voir les choses, en l'occurrence une philosophie de la philosophie. Faut-il en toutes circonstances séparer le pourquoi du comment ?

Pour répondre à cette question il est utile de distinguer deux possibles points de vue : politique (≡ science) et philosophique (≡ sagesse) :

  • politique (≡ science) :
    • approche collective, associée au physique et à l'avoir, en constante évolution ;
    • questionnements : comment sont déterminés les domaines (quoi ?) et les budgets (combien ?) de la R&D et de l'enseignement : par des dirigeants "éclairés" ? ; par les supposés "marchés" ? par la démocratie directe ? ; ...
  • philosophique (≡ sagesse) :
    • approche individuelle, associée au psychique et à l'être, plutôt intemporelle ;
    • questionnements : il y a-t-il un dessein de la nature ? (par un phénomène que l'on pourrait nommer "Dieu" ou encore "auto-organisation") ; ...

Le tableau suivant présente cette typologie de façon plus synthétique :

Politique (≡ science)Philosophie (≡ sagesse)
Coll. / Ind.CollectifIndividuel
Avoir / ÊtreAvoir (physique)Être (psychique)
DynamiqueÉvolutionIntemporalité
QuestionsComment sont déterminés les domaines (quoi ?) et les budgets (combien ?) de la R&D et de l'enseignement : par des dirigeants "éclairés" ? ; par les supposés "marchés" ? par la démocratie directe ? ; ...Il y a-t-il un dessein de la nature ? (par un phénomène que l'on pourrait nommer "Dieu" ou encore "auto-organisation") ; ...

Enfin – n'hésitons pas à nourrir la réflexion – on pourrait distinguer deux logiques de l'être et du faire :

  • blanche : souplesse du roseau, nomadisme, psychique;
  • noire : force du chêne, sédentarisme, physique.

À priori, par certains de leurs aspects, ces deux "logiques" semblent incompatibles. Sauf si on les conçoit de façon dynamique, dans un cycle périodique. C'est ce que la philosophie chinoise du tao avait bien formulé.

Philosophie chinoise

https://jortay.net/philosophie-du-savoir#philosophie-chinoise
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Symbole du yin et du yang

Le tai-chi-chuan, art martial symbolique, consiste à travailler le ch'i dans le corps. Le ch'i serait une énergie, qui remplit tout corps (vivant ou objet). Il y a des ch'i bénéfiques et des ch'i nocifs. Et il peut y avoir des échanges de ch'i entre les corps. Le tai-chi-chuan est une pratique du tao – principe qui engendre tout ce qui existe. Le tao ne pourrait être compris qu'indirectement, par la compréhension de la dynamique du yin et du yang.

Dans le tai-chi-chuan (et dans toute activité physique) chaque mouvement comporte deux phases :

  1. déploiement (yang) : accumulation de l'énergie, tension, mouvements ronds, ouverture du ch'i central, le ch'i remplit les méridiens extérieurs du corps;
  2. repliement (yin) : restitution de l'énergie, détente, mouvements carrés, fermeture du ch'i central, le ch'i remplit les méridiens intérieurs du corps.

Dynamique. Pendant que le yang se développe le yin régresse, et inversement. L'équilibre de la dynamique est assurée par le yin dans le yang, qui retient le déploiement, et le yang dans le yin, qui retient le repliement.

Par la pratique on arriverait à capter les mouvements naturels de son ch'i dans son corps, dont les mouvements circulaires s'amenuisent. De sorte qu'au bout de ce chemin de vie les cercles disparaîtront. Le ch'i tourne alors sur lui-même, et l'homme retrouve ainsi son centre. C'est le Wuwei ou "non agir". Lao Tseu a dit : « par l'étude on augmente chaque jour, par le tao on diminue chaque jour ». On diminue quoi ? : ses désirs, son moi, ses traces que sont les cercles. Le Wuwei n'est donc pas l'inaction mais l'action sans traces. Ainsi un maître peu irradier son ch'i bénéfique à d'autres corps vivants et ainsi les soigner (à commencer par la simple fatigue).

Le tai-chi-chuan refléterait et serait une composante de la civilisation chinoise. C'est pourquoi, afin de réussir en tai-chi-chuan, il serait nécessaire d'étudier d'autres éléments de la culture chinoise : calligraphie, poésie, musique instrumentale ou chantée, etc. Il s'agit de trouver ce que ces pratiques ont en commun, et d'ainsi élargir et élever l'état de conscience au moyen de la compréhension par analogie.

Il importe enfin que le travail spirituel intérieur soit lié aux échanges de ch'i avec les autres corps vivants (humains, animaux et plantes) ou inanimés. Car il est utile de se confronter au monde, si nécessaire en endurant des épreuves.

Le maître Gu Meisheng présente la philosophie chinoise du tao (47min. +/-1990)

Économiste de formation, Gu Meisheng fut responsable de l'enseignement du français à l'université de médecine de Shanghai.

Sous certains aspects cette philosophie peut paraître désuète, surtout si on la perçoit uniquement au premier degré c-à-d sans y voir aussi une dimension symbolique. D'autre part, avec le temps qui passe, le savoir s'accumule et les ambitions s'élargissent. Au travers des notions de justice, solidarité et tolérance, la dimension collective complète l'approche individuelle, toujours vers plus d'efficacité.

Dans cette évolution le doute se substitue utilement à la croyance. Sommes-nous sur la bonne voie ?

Monde moderne

https://jortay.net/philosophie-du-savoir#monde-moderne

Sans pour autant valider la réalité du ch'i, les progrès de la science aux 18° et 19° siècles ont confirmé de nombreux aspects de la philosophie chinoise : force de réaction, conservation et transformation de l'énergie, cycle de Carnot, etc.

Il résulte du progrès scientifique que le monde moderne paraît très différent de la période qui a vu la naissance du taoïsme vers 500 av. JC. Mais les principes élémentaires du fonctionnement de la société humaine sont-ils différents ? Prenons pour exemple le phénomène très moderne de déconnexion des sphères médiatique et financière par rapport au monde réel (déconnexion illustrée par la "crise financière" de 2008, puis la "crise sanitaire" de 2020). N'y retrouve-t-on pas l'allégorie de la caverne, exposée par Platon, alors qu'à l'autre côté de la planète naissait le taoïsme ? Ne suffit-il pas, pour adapter cette allégorie à notre époque, de remplacer "caverne" par "écran cathodique" ... ?

Médias vs réseaux sociaux : qui dit la vérité (1m05s - 2020)

Le conférencier est Didier Raoult, le premier expert mondial dans le domaine des maladies transmissibles.

Il ne s'agit certes pas de condamner la technologie (l'homme préhistorique aménagea les cavernes en d'efficaces lieux d'habitation, et vous lisez cet article sur un écran), mais d'attirer l'attention sur la nécessité de maîtriser le potentiel scientifique, individuellement et collectivement. Par "maîtrise" j'entends le fait d'avoir le contrôle, de ne pas subir.

Mes travaux sur la démocratie directe, l'allocation universelle et la Konfédération traitent de l'approche collective de cette maîtrise. La présente philosophie STP concerne l'approche individuelle. Bien évidemment individuel et collectif sont intimement lié, et l'intelligence constitue probablement un élément majeur de ce lien.

Intelligence

https://jortay.net/philosophie-du-savoir#intelligence

Il me semble utile, pour terminer cette introduction à la philosophie STP, de proposer une définition de l'intelligence comme étant composée :

  • d'une composante quantitative (appelée "savoir" ou encore "information"), qui peut être mesurée en :
    • mémoire : Kb par unité de stockage ;
    • vitesse : Kb/s par unité de transfert.
  • d'une composante qualitative (que nous appelons ici "sagesse" ou encore "politique"), et qui relèverait :
    • du jugement de valeur  (morale);
    • de l'empathie (lien).

Comment alors définir la conscience, et où la situer ? Serait-elle ce qui relie le corps à une conscience collective, de sorte que l'on pourrait considérer que la conscience individuelle dépasse spatialement voire aussi temporellement le corps (cf. notion de "conscience non-localisée" proposée par le cardiologue Pim van Lommel : source ; approfondir : scholar.google.com/scholar?q=nonlocal+consciousness) ?

Voir aussi : "Intelligence collective".

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